Jeudi 29 octobre 2009 4 29 /10 /Oct /2009 16:05
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                                                        Octobre 2009


Joe Lovano (en nonet) 

A priori : un saxophoniste reconnu, dans le cadre du festival "We want Miles", pourquoi pas ?

A posteriori
: olala ça envoie du lourd. Ils étaient 9, ils étaient tous ultra en forme, complètement dans le groove, hyper efficaces, en parfait dialogue. Rien à ajouter, tout simplement MAGISTRAL. Le 28 octobre 2009, il fallait être à la cité de la musique. 

              * * *

Jean-Louis / Anthurus d'Archer 

A priori : ne tombons pas dans boboïsation, sortons en Province (mettons des bottes, tout de même) et allons voir ce que donne la scène jazz alternative.

A posteriori
: expérience du troisième type... Pour "
Jean Louis" : trio trompette, contrebasse, batterie. Excellents musiciens, manifestement taraudés entre le hard rock et le jazz. La solution ? Brancher plusieurs distos sur la trompette et la contrebasse ! Le résultat ? Du Heavy Trompette :) Passé les premiers morceaux (qui ont scotché le Pannonica sur place), la mayo a pris les musikos se sont calés entre eux, le groove s'est installé et le résultat impressionnant. Peut-être délicat à écouter chez soi...
Pour
Anthurus d'Archer : formation poitevine en quartet guitare x2, flûte et saxo. Difficile d'en faire un description intelligible, mais relevons tout de même le défi : on est à mi-chemin entre le jazz extrême, le punk et la contestation désinvolte. Encore une fois, les zikos maîtrisent leur sujet, en particulier le dénommé Ubangrido. Musicalement, c'est assez inhabituel, et manifestement c'est le but recherché. Les Anthurus "emmerdent" le commerce et les marchands, et proposent leur dernier album "Phalus Impudics" en téléchargement libre. Une forme de protestation musicale, qui fait du bien. 

              * * *

Chateau de Chantilly

A priori : pas envie

A posteriori
: énorme. Légué à l'Institut de France par son dernier propriétaire, l'intérieur du château, par son mobilier autant que par ses collections, est une véritable pépite. Il possède exactement ce qui me semble être l'approche canonique à la culture de masse : des collections prestigieuses, une surface relativement modeste (je l'oppose au Louvre par exemple), une fréquentation décente, et des visites guidées "introductives" de qualité. On a appris un peu plus d'histoire, compris un petit peu plus certaines formes d'art, et l'esprit s'ouvre. Allez-y !

              * * *

Porcupine Tree (+ Robert Fripp)
Robert Fripp : 30 minutes passées à accorder sa guitare sur un fond bouseux à la Brian Eno. Un quart de l'audience boit une bière au bar, 10 fans sont en transe et le reste applaudit au milieu des morceaux pour le faire sortir. Consternant.

Porcupine Tree : quel chemin parcouru pour un groupe pour lequel il était, à l'époque, impossible de trouver le moindre morceau même sur Napster, et qui aujourd'hui rempli le vénérable et trendy-mais-conservateur Olympia-Bruno-Coquatrix.
Sur le fond, le Wilson rentabilise la location de la salle puisqu'il nous gratifie d'environ 2h15 de zik. Première partie entièrement dédiée à "The Incident", soit la totalité des 14 morceaux du CD1. Ca balance du lourd, l'intro d'Occam's Razor est brillante, heavy à souhait, le reste suit. 10 minutes d'entracte, et les voilà revenus pour une section somme toute assez récente, dont les points d'orgue sont la deuxième partie d'"Anesthetize" (Fear of...) et "Lazarus" (Deadwing). Dans un cas comme dans l'autre, l'interprétation live transcende largement l'enregistrement studio. Le rappel se finit proprement par deux titres d'In Absentia, "The Sound of Muzak" et "Trains". Les vieux cons comme moi auraient bien aimé du "Signify", "Even less", "Tinto Brass" ou "Up the Downstairs" (voire "Nine Cats" !), mais malgré tout, sur le fond comme sur la forme, difficile de ne pas adhérer à la maîtrise instrumentale dégagée par 4 angliches, tous contents d'être là. Tout comme nous !


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Mocky


A priori : Jazz exploratoire, bel album, que donne Mocky en live ? Y a Spleen aussi ? C'est quoi ?

A posteriori
:
Mocky : interprétation endiablée d'un excellent l'album, un peu desservi ici par un son totalement pourri. Merci donc à "La Cigale SFR" ; ça ne suffit pas de visser son logo sur les sièges, faut aussi songer à mettre la qualité qui va avec. Passons...
Pas besoin ceci étant d'être rond comme un russe au fond du Lénine's bar (spéciale dédicace à la Caillera)  pour en apprécier l'ensemble. Ca s'écoute bien, et parfois on tend l'oreille, intéressé. Quant à ceux qui s'intéresse à l'album, il est nettement plus calme que son interprétation live, voire même "apaisant", pour reprendre les termes de JEB.

Spleen : Spleen, ce sont les moyens d'une assez grosse production musicale confiés à des musiciens de talents et à un scénariste de 14 ans en proto-crise d'amourette. C'est raté. Autant, musicalement, ça balance du pas mal lourd : bcp de musiciens, de l'audace dans l'instrumentalisation, de bonnes interprétations vocales, des contributeurs de talents comme l'ami Coltman (Hugh de son pti nom) et la copine Naim (et un autre gars pas mal bon mais dont j'ignore le nom). Mais alors les textes et la partie "jouées" sont d'une pauvreté narrative et d'une naïveté intellectuelle quasi insultante. Et quelle idée de s'adresser en anglais au public avec un accent français à la Douste Blazy ? Bref, c'est un bon draft, y a du potentiel, mais tout est à refaire.
Par Aka
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