Vendredi 30 octobre 2009 5 30 /10 /Oct /2009 17:50

Le ministre de l’immigration, de l’intégration, de l’identité nationale et du développement solidaire Eric Besson a « ouvert » le débat sur l’identité nationale. Je me propose, en 1000 mots, d’apporter quelques éléments à ce débat. Pour ceux qui sont pressés, la conclusion peut servir de point d’entrée !



Vous pouvez répéter la question ?

Il est en effet de bon ton de rappeler précisément les termes du débat[i] :

-          « Pour vous, qu’est-ce qu’être Français aujourd’hui ? »

-          « Comment mieux faire partager les valeurs de l’identité nationale auprès des ressortissants étrangers qui entrent et séjournent sur le territoire national ? »

-          « Comment mieux faire partager les valeurs de l’identité nationale auprès des ressortissants étrangers qui accèdent ensuite à notre communauté nationale ? »

Notons dans un premier temps que ces questions n’ont pas été ouvertes par le ministre Besson mais par son prédécesseur, le ministre Hortefeux. Le Haut Conseil à l’Intégration (HCI) a été chargé de répondre à ces questions. Le résultat (166 pages) est disponible ici. Le HCI s’est principalement attaché à répondre aux deux dernières questions. La première question toutefois, si elle est abordée de manière assez intéressante dans l’avant propos du rapport, ne donne malheureusement lieu à aucun plan d’action. C’est cette question (être français) qui, à ce jour, semble prendre le dessus dans les restitutions de débat qui nous sont fournis par la presse.

Laissons de côté les basses manœuvres politiciennes pour nous intéresser au fond du sujet. Le terme d’identité possède plusieurs significations, selon qu’on le comprend par sa définition[ii] courante, par sa définition juridique, ou sous l’angle de la psychologie.

 

Identité et Nation

Définition « commune » : Caractère de ce qui, sous des dénominations ou des aspects divers, ne fait qu'un ou ne représente qu'une seule et même réalité.

Définition juridique : Ensemble des traits ou caractéristiques qui, au regard de l'état civil, permettent de reconnaître une personne et d'établir son individualité au regard de la loi.

Définition psychologique : Conscience de la persistance du moi.

L’épithète national vient ajouter l’indication qu’il s’agit de ce « qui est relatif à une nation; qui appartient en propre à une nation, qui la caractérise, la distingue des autres nations ».

Poussons un peu plus loin la sémantique en rappelant à nos bons souvenirs ce qu’on entend par « nation » : « Groupe humain stable, établi sur un territoire défini constituant une unité économique, caractérisé par une auto-conscience ethnique (marquée par l'idée de la communauté d'origine et de destinée historique), une langue et une culture communes, formant une communauté politique personnifiée par une autorité souveraine et correspondant à un stade évolué du mode et des rapports de production ». A toutes fins utiles, précisons qu’une ethnie désigne un « groupe d'êtres humains qui possède, en plus ou moins grande part, un héritage socioculturel commun, en particulier la langue ».

Maintenant, faisons les comptes : au moins 3 définitions pour « identité », et 56 mots pour définir le seul concept de « nation ». La conclusion que l’on peut en tirer, est que le débat aura probablement assez peu de chance, de surcroit en période électorale, d’être traité avec la rigueur qui s’impose. De ce fait, je vous propose non pas de nous contenter de ce triste constat, mais d’y réfléchir ensemble.

 

Citoyen, déclinez votre identité nationale !

Un peu plus haut, nous avons évoqué 3 définitions possibles de l’identité. L’approche technico-juridique, qui se base sur les 2 premières définitions, consisterait à lister des caractéristiques : drapeau, hymne, Constitution, valeurs, frontières, langue… C’est la même approche que pour la carte nationale d’identité que l’on montre au gendarme : ces caractéristiques sont propres à chacun, mais elles ne sont pas choisies. Elles sont données de facto à chaque citoyen français, qui y adhère à tel ou tel degré, de son propre chef. Ici se situe le premier piège : au principe d’identité il n’est pas possible d’associer une question de jugement ; une identité ne s’accepte ou ne se refuse pas, elle est simplement constitutive de son objet. De ce fait, définir sous cet angle une identité nationale, c’est-à-dire définir « l’être français » sous angle technico-juridique, me paraît être un non-sens. C’est aussi très exactement la direction vers laquelle le débat risque de glisser, et ce serait un grand tort.

 

La conscience identitaire nationale… vaste débat !

L’approche à partir de la définition psychologique, reviendrait à définir l’identité nationale comme « une conscience de persistance du moi national » : j’ai la conscience permanente d’être français. Avoir la conscience de quelque chose n’est pas forcément dicible, mais sous-entend de mon point de vue :

-          que l’individu à connaissance de son état : je suis français 

-          et en reconnaît la valeur morale : être citoyen français est moralement et universellement acceptable[iii].

Or, le concept de nation, par bien des aspects, n’est guère dicible dans la mesure où il est selon la définition une « auto-conscience ethnique ». Le sujet de l’identité nationale me paraît dès lors se situer clairement sur le domaine de l’engagement philosophique, et non juridique. L’identité nationale ne se décrète pas, pas plus qu’elle ne représente un état : « les interactions qui fondent une société, qui la font évoluer, ne sont pas des équations mathématiques »[iv].

 

Conclusion

Finalement, qu’est-ce que l’identité nationale ? A mon sens, c’est un engagement philosophique, qui s’appuie sur le respect d’un ensemble de structures, principalement la loi et ses émanations (constitution, institution, code civil…). L’identité nationale n’est donc pas un état, répétons-nous, mais une philosophie et une pratique, nécessairement évolutives, qui demandent au citoyen respect et adhésion, « le premier étant obligatoire pour s’intégrer et vivre (…), la seconde résultant d’une longue imprégnation avec les codes de cette société »[v].

Alors quel est l’intérêt de ce débat public ? Pourquoi mélanger le concept philosophique d’identité nationale avec la réflexion sur les conditions de naturalisation[vi] ? N’est-il pas extrêmement risqué d’aborder de front, deux sujets jusqu’ici implicitement associés (à tort malheureusement) à des problématiques abandonnées aux nationalistes, attisant du coup l’extrême opposé ? A mon humble avis, le vrai débat, celui qui donne toute sa pertinence à l’introspection sur l’identité nationale est de savoir si les valeurs de la République représentent encore le moteur principal l’immigration.

 
Article sur le même sujet découvert après coup et dont est tiré l'image du gendarme, ajoutée elle aussi après coup : http://lescalier.wordpress.com/2009/07/16/le-mystere-de-lidentite-nationale/

 

 



[i] http://www.u-m-p.org/site/index.php/ump/s_informer/actualites/identite_nationale_un_grand_debat_dans_toute_la_france_des_le_2_novembre

[ii] Sources des définitions : TLFi

[iii] Cf. Kant

[iv] Rapport au 1er Ministre. Etude et intégration – Faire connaître les valeurs de la République. HCI, Septembre 2009. Page 6.

[v] Op. cit., page 17

[vi] Le rapport du HCI répond d’ailleurs très bien à ce que représente la naturalisation, ce qu’elle est, et comment procéder (cf pages 1 à 20, op. cit.)

Par Aka - Publié dans : Débat contemporain
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Jeudi 29 octobre 2009 4 29 /10 /Oct /2009 16:05
(pour comprendre où vous êtes tombés, c'est par ici)
(pour l'agenda culturel à venir, c'est par là)


                                                        Octobre 2009


Joe Lovano (en nonet) 

A priori : un saxophoniste reconnu, dans le cadre du festival "We want Miles", pourquoi pas ?

A posteriori
: olala ça envoie du lourd. Ils étaient 9, ils étaient tous ultra en forme, complètement dans le groove, hyper efficaces, en parfait dialogue. Rien à ajouter, tout simplement MAGISTRAL. Le 28 octobre 2009, il fallait être à la cité de la musique. 

              * * *

Jean-Louis / Anthurus d'Archer 

A priori : ne tombons pas dans boboïsation, sortons en Province (mettons des bottes, tout de même) et allons voir ce que donne la scène jazz alternative.

A posteriori
: expérience du troisième type... Pour "
Jean Louis" : trio trompette, contrebasse, batterie. Excellents musiciens, manifestement taraudés entre le hard rock et le jazz. La solution ? Brancher plusieurs distos sur la trompette et la contrebasse ! Le résultat ? Du Heavy Trompette :) Passé les premiers morceaux (qui ont scotché le Pannonica sur place), la mayo a pris les musikos se sont calés entre eux, le groove s'est installé et le résultat impressionnant. Peut-être délicat à écouter chez soi...
Pour
Anthurus d'Archer : formation poitevine en quartet guitare x2, flûte et saxo. Difficile d'en faire un description intelligible, mais relevons tout de même le défi : on est à mi-chemin entre le jazz extrême, le punk et la contestation désinvolte. Encore une fois, les zikos maîtrisent leur sujet, en particulier le dénommé Ubangrido. Musicalement, c'est assez inhabituel, et manifestement c'est le but recherché. Les Anthurus "emmerdent" le commerce et les marchands, et proposent leur dernier album "Phalus Impudics" en téléchargement libre. Une forme de protestation musicale, qui fait du bien. 

              * * *

Chateau de Chantilly

A priori : pas envie

A posteriori
: énorme. Légué à l'Institut de France par son dernier propriétaire, l'intérieur du château, par son mobilier autant que par ses collections, est une véritable pépite. Il possède exactement ce qui me semble être l'approche canonique à la culture de masse : des collections prestigieuses, une surface relativement modeste (je l'oppose au Louvre par exemple), une fréquentation décente, et des visites guidées "introductives" de qualité. On a appris un peu plus d'histoire, compris un petit peu plus certaines formes d'art, et l'esprit s'ouvre. Allez-y !

              * * *

Porcupine Tree (+ Robert Fripp)
Robert Fripp : 30 minutes passées à accorder sa guitare sur un fond bouseux à la Brian Eno. Un quart de l'audience boit une bière au bar, 10 fans sont en transe et le reste applaudit au milieu des morceaux pour le faire sortir. Consternant.

Porcupine Tree : quel chemin parcouru pour un groupe pour lequel il était, à l'époque, impossible de trouver le moindre morceau même sur Napster, et qui aujourd'hui rempli le vénérable et trendy-mais-conservateur Olympia-Bruno-Coquatrix.
Sur le fond, le Wilson rentabilise la location de la salle puisqu'il nous gratifie d'environ 2h15 de zik. Première partie entièrement dédiée à "The Incident", soit la totalité des 14 morceaux du CD1. Ca balance du lourd, l'intro d'Occam's Razor est brillante, heavy à souhait, le reste suit. 10 minutes d'entracte, et les voilà revenus pour une section somme toute assez récente, dont les points d'orgue sont la deuxième partie d'"Anesthetize" (Fear of...) et "Lazarus" (Deadwing). Dans un cas comme dans l'autre, l'interprétation live transcende largement l'enregistrement studio. Le rappel se finit proprement par deux titres d'In Absentia, "The Sound of Muzak" et "Trains". Les vieux cons comme moi auraient bien aimé du "Signify", "Even less", "Tinto Brass" ou "Up the Downstairs" (voire "Nine Cats" !), mais malgré tout, sur le fond comme sur la forme, difficile de ne pas adhérer à la maîtrise instrumentale dégagée par 4 angliches, tous contents d'être là. Tout comme nous !


              * * *


Mocky


A priori : Jazz exploratoire, bel album, que donne Mocky en live ? Y a Spleen aussi ? C'est quoi ?

A posteriori
:
Mocky : interprétation endiablée d'un excellent l'album, un peu desservi ici par un son totalement pourri. Merci donc à "La Cigale SFR" ; ça ne suffit pas de visser son logo sur les sièges, faut aussi songer à mettre la qualité qui va avec. Passons...
Pas besoin ceci étant d'être rond comme un russe au fond du Lénine's bar (spéciale dédicace à la Caillera)  pour en apprécier l'ensemble. Ca s'écoute bien, et parfois on tend l'oreille, intéressé. Quant à ceux qui s'intéresse à l'album, il est nettement plus calme que son interprétation live, voire même "apaisant", pour reprendre les termes de JEB.

Spleen : Spleen, ce sont les moyens d'une assez grosse production musicale confiés à des musiciens de talents et à un scénariste de 14 ans en proto-crise d'amourette. C'est raté. Autant, musicalement, ça balance du pas mal lourd : bcp de musiciens, de l'audace dans l'instrumentalisation, de bonnes interprétations vocales, des contributeurs de talents comme l'ami Coltman (Hugh de son pti nom) et la copine Naim (et un autre gars pas mal bon mais dont j'ignore le nom). Mais alors les textes et la partie "jouées" sont d'une pauvreté narrative et d'une naïveté intellectuelle quasi insultante. Et quelle idée de s'adresser en anglais au public avec un accent français à la Douste Blazy ? Bref, c'est un bon draft, y a du potentiel, mais tout est à refaire.
Par Aka
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Jeudi 29 octobre 2009 4 29 /10 /Oct /2009 11:42

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                                                        Septembre 2009


Whisky Live 2009

A priori : Vive l'Ecosse libre !

A posteriori
: Parfait. Excellente ambiance, bonne auto-maîtrise des participants, absolument aucune pression commerciale des exposants. On est tous là pour passer un bon moment autour du whisky. Les stands "animations" sont assez élaborés, et le cadre superbe. Votre Aka s'en sert avec un 20/20 au blind test. Niveau qualité, il y a du classique et il y a du lourd. Au niveau géographique, on passe du temps en Ecosse, au Japon, et dans des endroits plus innatendus comme l'Alsace, la Bretagne, l'Albion et l'Australie. Si vous ne connaissez pas le whisky, ce n'est peut-être pas le lieu pour débuter (encore que !), pour les amateurs en revanche, c'est vraiment une excellente expérience. Note pour la prochaine fois : prendre un casse croûte !

              * * *

Revolver

A priori : Come on down, gentlemen...

A posteriori
: Musique fédératrice s'il en est. Un café de la danse rempli de "fans" de 7 à 77 ans, des parents, des enfants, des jeunes cadres à peu près dynamiques, des groupies et des séniors. Musicalement c'est pas mal, c'est même bien mieux que l'album ! D'ici le prochain, il faudra songer à bosser le chant et l'accent, un peu tout miteux. En attendant, on passe un bon moment en famille, mais on ne fera pas la révolution avec.

              * * *

John Illsley

A priori : Ah tiens, le bassiste des Dire Straits nous fait un projet solo à la guitare, let's go !

A posteriori
: Bon, finalement, let's not go, l'ami John a annulé. Nous voilà rendu à un bon 100% d'annulation depuis la rentrée !

              * * *

Ahmad Jamal (en trio)

A priori : c'est la fête, le pianiste au toucher inimitable s'exécute à Paris !

A posteriori : finalement non, ça s'est terminé en Ahmad Jamal en duo sans Ahmad. Le père Jamal est resté coincé à Bogota... Si certains d'entre vous sont restés pour voir les deux autre, qu'ils se signalent !

Par Aka - Publié dans : Agenda Culturel
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Jeudi 29 octobre 2009 4 29 /10 /Oct /2009 10:35

Bienvenue à tous !


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Par Aka
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